Maginate

Ne quittez pas votre zone de confort, élargissez-là

Ce matin, la température est douce, un vent de dos vous pousse, le sol est sec, pas de dénivelé sur votre trajet, peu d’humidité dans l’air, vous n’êtes pas en haute altitude mais sur une route à la campagne et l’ensoleillement est faible. Si vous êtes coureur, ces conditions sont extrêmement favorables. Vous êtes en train d’évoluer dans votre zone de confort. 

En altitude, sous la pluie, avec un vent de face et un sac sur le dos, vous seriez probablement en dehors de votre zone de confort et mis davantage à l’épreuve. Peu importe au moment de lire ces lignes, le scénario de course que vous avez le plus envie de vivre, mes questions sont celle-ci : 

Avez-vous réellement envie de courir toute votre vie dans des conditions extrêmes et quel bénéfice en retiriez-vous ? 

A l’inverse, si vous ne rencontrerez jamais de difficultés, comment vous dépasser et apprécier les moments de plaisir ? 

Rien n’est plus désagréable que de perdre ses repères, d’être dans le dur en permanence, de faire les choses avec la boule au ventre, d’avancer dans l’incertitude. On martèle à longueur de journée sur les réseaux sociaux qu’il faut sortir de sa zone de confort. Connerie. Vous qui écrivez ou partager cela à tout va, voici mes questions :

  • Êtes-vous sincèrement sorti de votre zone de confort ?
  • Dans quelle proportion ?
  • Qu’avez-vous obtenu de cela et qu’avez-vous perdu ?

Il y a forcément une part de notre bonheur dû au confort, à la sensation d’être en terrain connu, au plaisir de savoir où l’on va. Le cerveau et le corps sont alors en mode pause. Evidemment, si vous restez trop longtemps plongé dans cet état, ce petit bonheur va s’effriter, se transformer en de l’ennui, en routine, et le plaisir obtenu aura tendance à disparaître ou perdra en intensité. Vous devez soumettre votre être à la nouveauté car d’elle, dépend votre faculté à évoluer. Et forcément, la nouveauté est, au départ, synonyme d’incertitude et d’inconfort. La prise de risque est le prix à payer pour apprendre, pour se découvrir à travers un nouvel environnement, un nouveau challenge, un autre regard, celui de personnes que l’on ne connaît pas encore. Un mélange de panique et d’excitation permet d’identifier que l’on est en plein dans cette phase de mutation vers un autre moi. Ce moi qui va digérer cette expérience, dépasser sa peur, trouver des réponses à ses questions, agir face à la contrainte. 

Nous l’avons tous vécu : la découverte d’une nouvelle entreprise, d’un nouveau secteur, de nouveaux collègues, des process ou une culture différente, une nouvelle ville dans laquelle on a pas le moindre repère etc. Cette période d’adaptation, de travail, d’intégration et d’appropriation est aussi épuisante que l’apprentissage d’une nouvelle langue mais tout aussi riche. 

Quel est mon confort ? 

  • Travailler dans un grand groupe du CAC 40, dans un secteur que j’aime et que je commence à bien connaître après 5 ans. Évoluer dans une culture d’entreprise bienveillante avec la sécurité de l’emploi, des congés payés etc. 
  • Habiter près de mon travail, à 15 min à pied. Oui, j’ai décidé de refuser plusieurs fois des postes que l’on m’a proposé, mieux payé, pour garder du temps libre pour moi et pour faire ce que j’aime. 

Quel est mon inconfort ? 

  • Un élargissement de mes fonctions, avec des responsabilités qui concernent le pilotage budgétaire par exemple, un domaine que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas.
  • Donner des cours dans des écoles face à des étudiants plus ou moins disciplinés, capable de me challenger à tout moment et qu’il faut arriver à intéresser pendant plusieurs heures. 
  • Des entraînements de boxe ou de sport intensif qui font mal à mon organisme et au mental. 

Pourquoi ce mélange ? 

Je suis convaincu que c’est du mélange des deux, confort et inconfort, que l’on tire le plus de bonheur et d’enseignement car on peut à la fois surmonter davantage de difficultés et en même temps, profiter pleinement de la vie. Quitter sa zone de confort, c’est se priver de “se sentir comme un poisson dans l’eau” et si vous laissez trop longtemps un poisson en dehors de son environnement, il finit par mourir. On ne compte plus les burn-out et les désillusions dont certains ont pour origine, une quête assoiffée et puérile de nouvelles expériences. Gare aux mirages du culte de la nouveauté, aux lieux imaginaires où l’on pense l’herbe plus verte, aux temples érigés à la gloire des performances hasardeuses car la chute peut être brutale… 

Être là où l’on nous attend, faire ce qu’on fait le mieux, être juste et pertinent dans nos actes, faire mouche à chaque fois, c’est faire preuve de maturité, de compréhension de soi, savoir qui l’on est et quels sont nos atouts mais aussi nos limites. Ecoutez votre corps, écoutez votre coeur, écoutez votre esprit. N’écoutez pas ces publications irréfléchies qui vous suggèrent fortement d’être un autre ! 

Auriez-vous eu l’idée, de demander à Pablo Picasso de sortir de sa zone de confort : la peinture. 

“Très bien, très bien, tu maîtrises la peinture, ok. Mais qu’est-ce que tu sais faire avec un ballon ?”

“Vous trouvez ça absurde ? Nous aussi.” comme dirait la pub. 

En revanche, ce que l’on est en droit d’attendre d’un artiste, c’est une évolution, une révolution intérieure, des remises en cause. Et certaines sont beaucoup plus dures que d’autres, pas forcément intuitives, notamment quand tout marche très bien, pourquoi chercher à changer ? Pourquoi ne pas continuer ? 

Chacun a une zone de confort pour laquelle sa performance est maximale

Il convient de connaître cette zone de confort, d’une part pour y rester dès que celle-ci est atteinte, d’autre part pour éviter de passer au-delà, dans la zone rouge, qui conduit à subir les effets dévastateurs du stress. Evidemment, il faut se maintenir le plus longtemps possible dans sa zone de performance maximale et ne pas descendre au-dessous. 

Quelques conseils : 

  1. Apprendre à prendre conscience de ses limites pour garder sa confiance en soi
  2. Réfléchir à son objectif avec précision et le ré-ajuster régulièrement 
  3. Ne pas faire du changement une question d’ego mais une question de sens

Envie d’en savoir plus ? 

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